Que s’est-il passé à « Koh Lanta » dans la nuit du 8 au 9 mai 2018 ? Quelques jours après ses débuts, le tournage de l’émission de télé-réalité de TF1, aux Fidji, avait été interrompu à la suite du témoignage d’une participante au jeu de survie en milieu naturel et hostile, Candide Renard. La candidate, alors âgée de 21 ans, avait accusé un membre de son équipe, Eddy Guyot, de l’avoir agressée sexuellement – caméras éteintes – pendant son sommeil.
Aussitôt, elle avait rapporté à la production, appelée en urgence, des baisers imposés sur la bouche, ainsi que des attouchements sur le sexe, le ventre et la poitrine. Des gestes qu’Eddy Guyot, 33 ans à l’époque, aurait effectués alors que les six membres de l’équipe dormaient serrés les uns contre les autres, dans une cabane de fortune et à même le sol, pour se tenir chaud. Mis en examen en 2022, le commerçant forain a toujours nié les accusations.
Confiée à une juge d’instruction du tribunal de Nancy, l’information judiciaire ouverte en 2018 s’est achevée le 14 janvier 2026. Avec un rebondissement spectaculaire en fin de procédure, selon les éléments du dossier que Le Monde a pu consulter : une expertise génétique, réalisée le 24 novembre 2025, a révélé que l’ADN d’origine masculine identifié à l’intérieur du legging que portait la candidate cette nuit-là, au niveau de l’entrejambe, était celui d’un autre membre de l’équipe, Fabien J.
Les traces génétiques retrouvées, mélangées à de l’ADN féminin, correspondent à des résidus de cellules épithéliales, des tissus recouvrant la peau et les organes du corps. Leur présence étaye une autre version de l’histoire, suggérée par Eddy Guyot : les « caresses » subies par Candide Renard pourraient être l’œuvre de Fabien J., qui dormait aussi à côté de la jeune femme.
Attitude « très tactile »
Malgré le résultat de cette expertise génétique, Candide Renard, fille de l’ex-sélectionneur de l’équipe de France de football féminin Hervé Renard, maintient ses accusations. « Je sais que c’est Eddy Guyot qui m’a agressée », a-t-elle redit le 12 janvier à la juge d’instruction qui l’interrogeait sur la possibilité qu’elle ait confondu l’auteur des faits dans l’obscurité. « Est-ce qu’il n’y a pas une manière de retrouver l’ADN de quelqu’un sur un vêtement autrement que par une agression ?, s’est-elle interrogée. On retournait les leggings pour les faire sécher quand on les mettait sur l’étendoir. » Sous-entendu : Fabien J. aurait pu toucher le vêtement alors qu’il séchait.
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